NOCTURNES, Services de mobilité en Europe et sur d’autres continents

 

Résumé

 

Contexte. Progressivement, les activités humaines se déploient dans la nuit et recomposent un nouvel espace de travail et de loisirs qui exige une offre de services de mobilité quasi-permanente à laquelle nos organisations ne sont pas toujours préparées. Afin de répondre à ces évolutions, de nouveaux services de mobilité se mettent en place. Avec le soutien du PREDIT, la Maison du temps et de la mobilité de Belfort-Montbéliard a lancé le projet « Nocturnes » afin de disposer d’une première approche de ces services en Europe et de créer un réseau de professionnels et d’experts internationaux spécialisés.

 

Méthodologie. Une enquête internationale en 7 langues auprès de 900 villes de 106 pays des cinq continents ainsi que des explorations nocturnes parallèles sur le terrain ont permis de repérer les bonnes pratiques et de dégager quelques grandes tendances d’évolution des mobilités, des services et de nos villes la nuit. L’organisation de plusieurs colloques internationaux dont ceux de Rome et Bruxelles, la création d’un site Internet interactif (www.u-night.org), la participation à des manifestations, la publication d’articles scientifiques et de vulgarisation, la création de formations universitaires ont contribué à la sensibilisation des acteurs, à la mise à l’agenda de la thématique et à l’émergence de projets.

 

Principaux enseignements. Depuis le début des années 90 on assiste bien à une colonisation progressive de la nuit urbaine par les activités économiques. Partout en Europe, la question du transport et des mobilités se pose face au développement des activités nocturnes festives ou laborieuses. La plupart des agglomérations ont constaté une augmentation de la demande de transports de nuit et ont développé leur réseau de nuit ou de soirée avec des stratégies variables : élargissement des plages horaires, développement de lignes spécifiques ou mise en place de systèmes à la demande. Les objectifs sont clairement affichés : amélioration de la sécurité des habitants, diminution des risques d’accidents, développement de la vie nocturne, réduction du trafic de voitures ou renforcement de l’attractivité. Les freins au développement des transports nocturnes sont l’insécurité, la faible rentabilité, le coût du service et les dégradations. Associations et entreprises imaginent des services complémentaires. C’est souvent à l’occasion d’événements nocturnes (Nuits blanches…) que de nouveaux transports sont expérimentés. Services de mobilité intermodaux et multiscalaires, sécurité renforcée, animation des pôles de transit, information, (…) et lieux d’aisance peuvent contribuer à des villes plus accessibles et hospitalières.

 

Premiers effets. Cette recherche-action démarrée fin 2003 a permis de mettre la question des mobilités nocturnes et de la nuit urbaine à l’agenda de nombreuses collectivités et de créer un réseau international de professionnels et d’experts. Elle a contribué à développer des projets de transports comme à Lyon, à apaiser des tensions ou à lancer des opérations comme l’Observatoire de la nuit et la première Université de la nuit à Bruxelles. L’intérêt progressif des medias pour le sujet et nos travaux est une autre réussite du programme.

 

Suites possibles. Nos interlocuteurs sont intéressés par la mise en réseau et le développement d’initiatives communes : Colloque international de restitution et de mise en débat, Programme international de recherche sur la demande et les pratiques, Observatoire international de la nuit à partir des initiatives de Lyon, Bruxelles, Rennes ou Rome notamment, réseau de partage de bonnes pratiques, transferts et expérimentations. L’« Ergonomie de la ville la nuit » et le « design nocturne » sont d’autres pistes à explorer.

 

Questionnement. Le choix du développement de services de mobilités nocturnes renvoie à l’émergence d’une société et d’une ville en continu 24h/24 et 7j/7. Et là chacun devient schizophrène : le consommateur souhaite une ville à la carte alors que le salarié refuse le travail en horaires atypiques. Nous avons contribué a lancer le débat. A chacune et chacun d’entre nous d’y participer et de se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle.

                               Rapport final «  Nocturnes »,  juillet 2005

Sous la Direction de Luc GWIAZDZINSKI (dir.)

Maison du Temps et de la Mobilité, PREDIT / http://www.u-night.org

 

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